Victor Bonhommet

Michel dit Victor Bonhommet

Victor Bonhommet est le nom de plume de Michel Bonhommet, né au Mans le et décédé en . Poète militant de la cause ouvrière, il est surtout connu pour Les chansons de métiers qu’il fait publier en 1888.

Une rue du Mans porte le nom de Victor Bonhommet depuis 1927. C’est l’ancienne rue du Porc-épic où il demeura vers 1868/69 avant de s’installer tout près de là, place de la Halle devenue place de la République.

Ouest-Eclair 30 novembre 1940


En 1897, Hippolyte Daguet le cite dans son ouvrage sur les poètes contemporains du Maine que l’on peut consulter sur le site de la médiathèque du Mans (pages 149 à 155).

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Le Peuple, lien vers la version html
 
La France, lien vers la version html
 
Le monde politique en déshabillé, lien vers la version html
 
Les Chansons de métiers, lien vers la version html

« Par ses convictions généreuses, par son ardent libéralisme, par son amour des humbles et des souffrants, l’auteur du poème : Le Peuple et des Chansons de Métiers mériterait d’être classé parmi les poètes manceaux vraiment dignes de la popularité ; mais par son style souvent pompeux, abondant en images et en citations, plein d’envolées audacieuses jusqu’à l’hyperbole, il sollicite surtout l’attention des lettrés, et c’est pourquoi la foule aux instincts frivoles, au goût peu littéraire, connaît à peine les œuvres de ce poète qui l’a chantée avec tant de fougue.

Né au Mans en 1830, il appartenait à une famille d’artisans et fut lui-même ouvrier menuisier. Dès l’âge de seize ans, alors qu’il faisait son tour de France, il sentit s’éveiller en lui des penchants poétiques. Il débuta par des chansons de compagnonnage  puis en 1855, étant militaire, il fit une chanson de marche : Voir, c’est avoir, que l’on chante encore aujourd’hui.

Plus tard, il publia dans la Ruche Parisienne des poésies qui furent signalées comme « annonçant un écrivain plein de verve et d’enthousiasme, aux pensées vigoureuses. »

C’est en 1869, vers la fin du second empire que Victor Bonhommet, élargissant son cadre, composa son premier volume : Le Peuple, sorte d’épopée en sept chants, véritable monument en vers qu’il tentait d’édifier à la gloire des travailleurs.

Il est regrettable que, pour ce plaidoyer en l’honneur des classes laborieuses, l’auteur ait cru devoir adopter la forme épique.

Sans mesurer le gouffre entr’ouvert sous leurs pas,
Déjà tous les mineurs, avides de combats,
Plongent, nouveaux Jonas, pleins d’une noble audace,
Dans le ventre effrayant de la mine vorace.
Suspendue à leur tête, une étoile de feu
Les guide dans leur marche en ce sinistre lieu
Où, pour égide, ils n’ont qu’une planche fragile
Qu’assaillent de leur poids cent colosses d’argile
Déjà leurs bras armés de marteaux, de leviers,
De coups retentissants frappent les rocs altiers.
Comme des dents de fer leurs pics mordent la terre
Et creusent dans son sein une profonde artère.

En 1870, Victor Bonhommet se jeta avec ardeur dans le mouvement politique, et écrivit des articles de journaux d’une réelle valeur littéraire : les Réfractaires au progrès, la France et le droit divin, Lève-toi et marche, le Souverain qui demande un maître, les Lettres à Francœur. Il publia aussi différentes poésies, dont plusieurs furent couronnées à des concours, malgré leur caractère purement politique(exemple).

À ce moment, après avoir été conseiller municipal, il appartenait à l’administration de l’Avenir, comme gérant, avec M. Quesnay de Beaurepaire, qui était rédacteur en chef. L’ordre moral lui fit l’honneur de l’emprisonner pendant quelques mois.

Alors parut son Monde politique en déshabillé, petite brochure qu’il dédiait à la multitude et dans laquelle se manifestent son même amour des petits, sa même horreur du despotisme et de la fourberie.

Fidèle à ses convictions humanitaires, notre compatriote est rentré en lice une troisième fois avec ses Chansons de Métiers, qu’il publia en 1888. C’est une nouvelle tentative — vraiment populaire celle-là — de glorification du peuple par l’étude historique et technique des diverses professions manuelles. Au lieu de la forme épique, l’auteur a employé les couplets et refrains s’adaptant à des airs variés, mais, en raison du développement donné à chacun de ses tableaux, il s’est complètement écarté de la chanson moderne — souvent vide ou triviale — et sa voix, trop audacieuse, n’a guère éveillé d’écho parmi la foule.

Jadis le paysan, serf du noble et du prêtre,
De l’arbre qu’il plantait ne mangeait point les fruits.
Le champ qu’il fécondait appartenait au maître ;
Il produisait le vin, mais buvait l’eau des puits !
Grâce à la République, aujourd’hui, bien suprême !
Je suis maître du sol dont j’étais le glaneur.
C’est pour moi que je plante, et pour moi que je sème ;
Je bois du vin de messe et du vin de seigneur.

Victor Bonhommet qui, depuis une quinzaine d’années est bibliothèquaire-adjoint de notre ville, a produit en outre un assez grand nombre d’opuscules, de pièces en vers en l’honneur des célébrités du Maine : Pierre Belon, Germain Pilon, Tahureaux, Robert Garnier, René Levasseur, qui ne sont pas inférieurs à ses précédents travaux poétiques. Il est l’auteur d’une Marseillaise de 1890, qui a été chantée dans les banquets populaires.

Nous résumerons cette étude en disant encore une fois que ce penseur modeste a toujours été le poète des humbles et le fervent propagateur des idées de justice et de fraternité républicaine. »


Victor Bonhommet est aussi l’un des fondateurs et l’un des premiers présidents de la Société de libre pensée du Mans.
La Raison, nov. 1905 (source : Gallica)

 
Arbre généalogique de Victor Bonhommet
archives numérisées de la Sarthe :
mariage en 1858 avec Euphémie Royau.
Mariage en 1858 au Mans

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